25 août 2007
Le crépuscule est triste et doux comme un adieu

Provence - 25 août 2006
Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
Le crépuscule est triste et doux comme un adieu.
A l'orient déjà, dans le ciel sombre et bleu
Où lentement la nuit qui monte étend ses voiles,
De timides clartés, vagues espoirs d'étoiles,
Contemplent l'occident clair encore, y cherchant
Le rose souvenir d'un beau soleil couchant.
Le vent du soir se tait. Nulle feuille ne tremble,
Même dans le frisson harmonieux du tremble ;
Et l'immobilité se fait dans les roseaux
Que l'étang réfléchit au miroir de ses eaux.
En un parfum ému chaque fleur s'évapore
Pure, et les rossignols ne chantent pas encore.
Pour échanger tout bas nos éternels aveux,
Chère, nous choisirons cette heure, si tu veux.
Nous prendrons le chemin tournant de la colline.
Mon front se penchera vers ton front qui s'incline ;
Et nos baisers feront des concerts infinis,
Si doux que les oiseaux, réveillés dans leurs nids,
Trouveront la musique, à cette heure, indiscrète
Et se demanderont quelle bergeronnette
Ou quel chardonneret est assez débauché
Pour faire l'amour quand le soleil s'est couché.
François COPPÉE (1842-1908)
(Recueil : Intimités)
11 août 2007
Odelette

Provence - 26 août 2006
Odelette
Araignée grise,
Araignée d'argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.
Toile d'araignée
-- Émerveillement --
Lourde de rosée
Dans le matin blanc!
Ouvrage subtil
Qui frissonne et ploie,
Ô maison de fil,
Escalier de soie !
Araignée grise,
Araignée d'argent,
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.
Madeleine LEY, Petites voix
(© 1930 Editions Stock)
