Regards

Photographie et poésie

16 mai 2009

LʼHomme Ivre au Printemps

 

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Jardin botanique de Strasbourg - 9 avril 2009



 

5. LʼHOMME IVRE AU PRINTEMPS


Si la vie nʼest quʼun rêve,

Pourquoi alors fatigue et peine?

Je bois, jusquʼà ce que je nʼen puisse plus,

Tout au long de lʼaimable jour!


Et quand je ne peux plus boire

Car corps et âme sont rassasiés,

Je titube jusquʼà ma porte

Et dors merveilleusement!


Quʼentends-je au réveil?

Écoutez, un oiseau chante dans lʼarbre.

Je lui demande si cʼest déjà le printemps,

Il me semble que je rêve.


Lʼoiseau gazouille: Oui! Le printemps est là,

Venu pendant la nuit!

Avec une attention profonde, je lʼécoute.

Lʼoiseau chante et rit!


Je remplis mon verre à nouveau

Et le vide jusquʼau fond

Et chante jusquʼà ce que la lune brille

Au noir firmament.


Et quand je ne peux plus chanter,

Je mʼendors à nouveau.

Quʼai-je à voir avec le printemps?

Laissez-moi être ivre!

 

5. DER TRUNKENE IM FRÜHLING


Wenn nur ein Traum das Leben ist

Warum dann Müh und Plag?

Ich trinke, bis ich nicht mehr kann,

Den ganzen lieben Tag.


Und wenn ich nicht mehr trinken kann,

Weil Kehl und Seele voll,

So taumlʼ ich bis zu meiner Tür

Und schlafe wundervoll!


Was hör ich beim Erwachen?

Horch, ein Vogel singt im Baum.

Ich frag ihn, ob schon Frühling sei,

Mir ist als wie im Traum.


Der Vogel zwitschert: ja! der Lenz ist da,

Sei kommen über Nacht, -

Aus tiefstem Schauen lauscht ich auf,

Der Vogel singt und lacht!


Ich fülle mir den Becher neu

Und leer ihn bis zum Grund

Und singe, bis der Mond erglänzt

Am schwarzen Firmament.


Und wenn ich nicht mehr singen kann,

So schlaf ich wieder ein.

Was geht mich denn der Frühling an!

Laßt mich betrunken sein!

   

Le Chant de la Terre (1908)
Texte et musique de
Gustav MAHLER (1860-1911)


Les textes, arrangés par
MAHLER, sont tirés du recueil de poésies
"La flute chinoise"
de
Hans BETHGE (1876-1946).
Les poèmes originaux sont dus au poète chinois
LI-TAÏ-PÉ (702-763).


       



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28 mars 2009

De la Beauté

 

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Jardin botanique de Strasbourg - 25 mai 2008


 

4. DE LA BEAUTÉ


Des jeunes filles cueillent des fleurs,

Des fleurs de lotus au bord de la rivière.

Entre buissons et feuilles, elles sont assises,

Rassemblent des fleurs dans leur giron et

Se lancent des plaisanteries.

Le soleil dʼor brille sur leurs corps

Et projette leurs reflets dans lʼeau claire

Le soleil fait miroiter leurs membres frêles,

Leurs doux yeux.

Et le zéphyr qui gonfle tendrement

Le tissu de leurs manches,

Emporte la magie

De leur parfum à travers les airs.

O voyez, qui sont ces beaux garçons

Là-bas au bord de lʼeau sur leurs braves chevaux?

Etincelants au loin, comme des rayons de soleil;

Parmi les branches des saules verts

Les gais jeunes gens chevauchent!

Le cheval de lʼun dʼeux hennit joyeusement,

Hésite et repart en flèche,

Sur fleurs et herbes passent ses sabots.

Ils piétinent en tempête

Les pétales tombés.

Ah! Comme sa crinière vole dans le vent

Et comme un souffle brûlant sort de ses naseaux!

Le soleil dʼor brille sur leurs corps

Et projette leurs reflets dans lʼeau claire.

Et la plus belle des jeunes filles le suit

dʼun long regard nostalgique.

Son fier maintien nʼest que façade:

Dans le feu de ses grands yeux,

Dans la nuit de son regard brûlant

Vibre encore, plaintive, lʼexcitation de son coeur.

 

4. VON DER SCHÖNHEIT


Junge Mädchen pflücken Blumen,

Pflücken Lotosblumen an dem Uferrande.

Zwischen Büschen und Blättern sitzen sie,

Sammeln Blüten in den Schoß und rufen

Sich einander Neckerein zu.

Goldʼne Sonne webt um die Gestalten,

Spiegelt sich im blanken Wasser wider,

Sonne spiegelt ihre schlanken Glieder,

Ihre süßen Augen wider,

Und der Zephir hebt mit Schmeichelkosen

Das Gewebe Ihrer Ärmel auf,

Führt den Zauber

Ihrer Wohlgerüche durch die Luft.

O sieh, was tummeln sich für schöne Knaben

Dort an dem Uferrand auf mutgen Rossen,

Weithin glänzend, wie die Sonnenstrahlen;

Schon zwischen dem Geäst der grünen Weiden

Trabt das jungfrische Volk einher!

Das Roß des einen wiehert fröhlich auf

Und scheut und saust dahin,

Über Blumen, Gräser Wanken hin die Hufe,

Sie zerstampfen jäh im Sturm

Die hingesunken Blüten,

Hei! wie flattern im Taumel seine Mähnen,

Dampfen heiß die Nüstern!

Goldne Sonne webt um die Gestalten,

Spiegelt sie im blanken Wasser wider.

Und die schönste von den Jungfraun sendet

Lange Blicke ihm der Sehnsucht nach.

Ihre stolze Haltung ist nur Verstellung:

In dem Funkeln ihrer großen Augen,

In dem Dunkel ihres heißen Blicks

Schwingt klagend noch die Erregung ihres Herzens nach.

   

Le Chant de la Terre (1908)
Texte et musique de
Gustav MAHLER (1860-1911)


Les textes, arrangés par
MAHLER, sont tirés du recueil de poésies
"La flute chinoise"
de
Hans BETHGE (1876-1946).
Les poèmes originaux sont dus au poète chinois
LI-TAÏ-PÉ (702-763).


       



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24 janvier 2009

De la Jeunesse

 

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Le Pont d'Arc (Ardèche) - 28 octobre 2007


 

3. DE LA JEUNESSE


 Au milieu du petit étang

Se dresse un pavillon de verte

Et blanche porcelaine.


Comme le dos dʼun tigre

Un pont de jade tend sa courbe

Jusquʼau pavillon.


Dans la petite maison, des amis,

Bien habillés, boivent, bavardent;

Certains écrivent des vers.


Leurs manches de soie sont

Retroussées, leurs bonnets de soie

Retombent gaiement sur leurs nuques.


Sur les eaux calmes

Du petit étang tout se montre

Merveilleusement comme dans un miroir.


Tout se tient sur la tête,

Dans le pavillon de verte

Et blanche porcelaine.


Comme une demi-lune, le pont,

Son arche sens dessus dessous. Des amis,

Bien habillés, boivent, bavardent.

 

3. VON DER JUGEND


Mitten in dem kleinen Teiche

Steht ein Pavillon aus grünem

Und aus weißem Porzellan.


Wie der Rücken eines Tigers

Wölbt die Brücke sich aus Jade

Zu dem Pavillon hinüber.


In dem Häuschen sitzen Freunde,

Schön gekleidet, trinken, plaudern,

Manche schreiben Verse nieder.


Ihre seidnen Ärmel gleiten

Rückwärts, ihre seidnen Mützen

Hocken lustig tief im Nacken.


Auf des kleinen Teiches stiller

Wasserfläche zeigt sich alles

Wunderlich im Spiegelbilde:


Alles auf dem Kopfe stehend,

In dem Pavillon aus grünem

Und aus weißem Porzellan.


Wie ein Halbmond steht die Brücke

Umgekehrt der Bogen. Freunde,

Schön gekleidet, trinken, plaudern.


Le Chant de la Terre (1908)
Texte et musique de
Gustav MAHLER (1860-1911)


Les textes, arrangés par
MAHLER, sont tirés du recueil de poésies
"La flute chinoise"
de
Hans BETHGE (1876-1946).
Les poèmes originaux sont dus au poète chinois
LI-TAÏ-PÉ (702-763).


       


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12 novembre 2008

Le solitaire en automne

 

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Hautes-Vosges - 19 novembre 2005

   

2. LE SOLITAIRE EN AUTOMNE

 

Les brumes dʼautomne errent bleues sur le lac;

Figés de gel se dressent tous les brins dʼherbe;

On dirait quʼun artiste a répandu une poudre de jade

Sur les fleurs délicates.

Le doux parfum des fleurs a fui;

Un vent glacé courbe bas leurs tiges.

Bientôt les pétales dʼor fanés

Des fleurs de lotus glisseront sur lʼeau.

Mon coeur est fatigué. Ma petite lampe

Sʼest éteinte dans un crépitement, elle me rappelle au sommeil.

Je viens à toi, fidèle demeure du repos!

Oui, donne-moi le repos! Jʼai tant besoin de réconfort!

Je pleure beaucoup dans ma solitude.

Lʼautomne dans mon coeur dure depuis trop longtemps.

Soleil de lʼamour, ne veux-tu plus jamais briller

Pour sécher tendrement mes larmes amères?

 

2. DER EINSAME IM HERBST


Herbstnebel wallen bläulich überm See;

Vom Reif bezogen stehen alle Gräser.

Man meint, ein Künstler habe Staub von Jade

Über die feinen Blüten ausgestreut.

Der süße Duft der Blumen ist verflogen,

Ein kalter Wind beugt ihre Stengel nieder.

Bald werden die verwelkten goldnen Blätter

Der Lotosblüten auf dem Wasser ziehn.

Mein Herz ist müde. Mein kleine Lampe

Erlosch mit Knistern, es gemahnt mich an den Schlaf.

Ich komm zu dir, traute Ruhestätte!

Ja gib mir Ruh! Ich hab Erquickung not!

Ich weine viel in meinen Einsamkeiten,

Der Herbst in meinen Herzen währt zu lange;

Sonne der Lieb, willst du nie mehr scheinen,

Um meine bittern Tränen mild aufzutrocknen?



Le Chant de la Terre (1908)
Texte et musique de
Gustav MAHLER (1860-1911)


Les textes, arrangés par MAHLER, sont tirés du recueil de poésies
"La flute chinoise"
de Hans BETHGE (1876-1946).
Les poèmes originaux sont dus au poète chinois LI-TAÏ-PÉ (702-763).




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04 octobre 2008

Chanson à boire de la misère du monde

 

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Médaillon de porte - Mittelbergheim - 15 août 2007

 


1. CHANSON À BOIRE DE LA MISÈRE DU MONDE


Déjà le vin fait signe dans la coupe dʼor,

Mais ne buvez pas avant que je ne vous chante une chanson !

Le chant du souci

Vous sonnera dans lʼâme comme un rire clair.

Quand le souci approche,

Déserts sont les jardins de lʼâme,

La joie, le chant se fanent et meurent.

Sombre est la vie, sombre la mort.

Maître de cette maison !

Ta cave recèle en abondance du vin doré !

Ce luth, ici, je le déclare mien !

Jouer du luth et vider les verres,

Voilà des choses qui vont ensemble.

Un pot plein de vin au bon moment

Vaut plus que tous les biens de cette terre !

Sombre est la vie, sombre la mort.

Le firmament, toujours, est bleu, et la terre

Restera longtemps et fleurira au printemps.

Mais toi, homme, combien de temps vis-tu ?

Tu nʼauras même pas cent ans pour jouir

De toutes les vanités corrompues de la terre !

Regardez là-bas! Au clair de lune sur les tombes

Est accroupie une forme, sauvage et fantômatique.

Cʼest un singe! Écoutez comme son hurlement déchire

Le doux parfum de la vie !

Maintenant, prenez le vin! Maintenant il est temps, compagnons!

Videz vos coupes dʼor jusquʼau fond !

Sombre est la vie, sombre la mort.

1. DAS TRINKLIED VOM JAMMER DER ERDE


Schon winkt der Wein im goldnen Pokale.

Doch trinkt noch nicht, erst sing ich euch ein Lied !

Das Lied vom Kummer

Soll auflachend in die Seele euch klingen.

Wenn der Kummer naht,

Liegen wüst die Gärten der Seele,

Welkt hin und stirbt die Freunde, der Gesang.

Dunkel ist das Lieben, ist der Tod.

Herr dieses Hauses !

Dein Keller birgt die Fülle des goldenen Weins !

Hier diese Laute nenn ich mein !

Die Laute schlagen und die Gläser leeren,

Das sind die Dinge, die zusammen passen.

Ein voller Becher Weins zur rechten Zeit

Ist mehr wert als alle Reiche dieser Erde !

Dunkel ist das Leben, ist der Tod.

Das Firmament blaut ewig, und die Erde

Wird lange feststehn und aufblühn im Lenz.

Du aber, Mensch, wie lange lebst denn du ?

Nicht hundert Jahre darfst du dich ergötzen

An all dem morschen Tande dieser Erde !

Seht dort hinab! Im Mondschein auf den Gräben

Hockt eine wild-gespenstische Gestalt.

Ein Aff istʼs! Hört ihr, wie sein Heulen hinausgellt

In den süßen Duft des Lebens !

Jetzt nehmt den Wein! Jetz ist es Zeit, Genossen !

Leert eure goldnen Becher zu Grund !

Dunkel ist das Leben, ist der Tod.


 

Le Chant de la Terre (1908)
Texte et musique de
Gustav MAHLER (1860-1911)


Les textes, arrangés par MAHLER, sont tirés du recueil de poésies
"La flute chinoise"
de Hans BETHGE (1876-1946).
Les poèmes originaux sont dus au poète chinois LI-TAÏ-PÉ (702-763).




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